Documentaire

Ce projet documentaire est avant tout un projet de vie, un besoin vital de pause dans nos vies métropolitaines. Nous souhaitions prendre le temps de parcourir le monde, de rencontrer, de découvrir, le coeur et l’esprit ouverts. Une vie de nomade nous attendait. Nous sommes parties une année, sac sur le dos, caméra en bandoulière et carnet de croquis en main. 

Militantes et engagées pour le droit des femmes et des minorités nous avons décidé de dédier notre aventure aux femmes que nous allions rencontrer tout au long de notre voyage. 

Il nous est apparu comme une évidence que, de ce voyage au long court, nous allions ramener de la matière à partager. Notre leitmotive était la spontanéité, ne rien planifier et se laisser porter. Nous sommes parties en quête de ces femmes de l’ombre, celles dont on parle peu, pour partager leur quotidien et comprendre comment elles oeuvrent à l’échelle local de leur territoire pour faire bouger les lignes et s’émanciper. 

Ce film documentaire est entièrement autofinancé et auto produit. C’était une volonté de ne pas être attachées à des attentes de résultats. Nous souhaitions vivre ce voyage comme une véritable expérience personnelle qui laisserait la place aux rencontres spontanées. Ainsi nous avons rencontré des femmes au détour d’un trajet en bus, d’une randonnée, d’un dîner, d’une visite dans une communauté. C’était pour nous une liberté totale et un risque, que l’on ne regrette pas d’avoir pris. 

Confrontées à la fatigue, aux territoires reculés, parfois à la barrière de la langue, sans fixeur et sans préparation, nos objectifs de réalisation ont évolué sur le terrain. La fabrication de notre film documentaire s’est contruite grâce aux femmes incroyables que nous avons rencontré et c’est exactement ce qui nous a fait vibrer! 

Aujourd’hui nous avons à coeur de partager leurs parcours et leurs histoires, car elles agissent concrètement pour faire bouger les mentalités. Ce voyage est avant tout une aventure humaine, une histoire de confiance et de partage. Les femmes de ce film sont devenues des amies, cette puissante notion de sororité a dépassé le temps du tournage mais surtout les frontières.

Les femmes à l’honneur

ANNIE PONCE 

Annie, photo par Perrine Ruffin

Aux Philippines, l’île de Siquijor est surnommée l’île mystique. Les superstitieux évoquent la présence de sorcières, de chamanes, d’esprits et de magie noire. En réalité il s’agit surtout de «guérisseurs» aux pratiques alternatives associant les plantes, les incantations et les prières. 

Annie Ponce est l’une d’entre eux. Sa renommée et son aura sont nationales, les philippins viennent parfois de très loin pour la rencontrer. Elle est guérisseuse traditionnelle et possède une immense connaissance des plantes médicinales qui lui permettent de soigner la population. Annie est très respectée, ce qui est un gage de pouvoir dans la société philippine. C’est avec pudeur qu’elle nous a accueillie, au milieu de la forêt, dans sa maison où elle reçoit ses patients.  

LING GOH 

Ling Goh, photo par Charlotte Leuvard

En Malaisie, depuis plusieurs siècles se côtoient les générations d’immigrés qui ont fait la réputation du pays. La culture arabe et indienne se mêlent à celles des chinois et des indigènes. 

Ling Goh est une performeuse reconnue, la 5eme génération d’une famille d’immigrés chinois. Elle perpétue avec talent et pugnacité l’opéra traditionnel Chao et le théâtre de marionnettes. 

Dans la ville de Georgetown nichée sur l’île de Penang elle est une véritable légende. Sa vie est bien plus qu’une passion, c’est une histoire de transmission. Pour faire perdurer un art en voie de disparition, elle travaille d’arrache-pied pour former la jeune génération et créer des vocations. C’est avec discrétion et patience que nous nous sommes glissées dans l’univers feutré du théâtre de Ling Goh au coeur d’une ancienne shophouse malaise.

KIARA 

Kiara, photo par Charlotte Leuvard

En Nouvelle Calédonie, les tribus kanaks vivent en harmonie avec la nature et sont organisées par des lois et des coutumes qui définissent le rôle patriarcale des hommes et celui des femmes. 

En assumant son statut de femme trans aux yeux de sa famille, Kiara à du affronter le regard des hommes de sa tribu et les qu’en dira-t-on. 

En renonçant à son statut masculin, elle a aussi renoncé au pouvoir et à la parole. C’est avec l’appui et le soutient des femmes de sa famille qu’elle a pu se libérer d’un poids immense. Kiara nous a accueillie avec bienveillance au coeur de sa tribu dans les montagnes calédoniennes et nous a livré son histoire bouleversante. 

VAITEANI 

Vaiteani, photo par Charlotte Leuvard

En Polynésie française, sur l’île de Tahiti, les femmes ont une place importante. Déterminées et entrepreneuses, elles se battent quotidiennement pour leur intégration dans le tissu économique et la préservation de la culture traditionnelle. 

Sur l’archipel, la transmission de la langue polynésienne joue un rôle fondamental dans la conservation de la culture. La jeune génération est aujourd’hui ballottée entre un viscéral besoin d’appropriation de leur patrimoine ancestral et les attraits d’une vie à l’occidental qui les éloigne de leurs racines. 

Vaiteani est chanteuse et Tahiti est son fenua, son île. A travers ses chansons, elle retrouve sa langue que les colons ont longtemps voulu faire taire. Aujourd’hui elle diffuse avec son compagnon les vibrations d’une culture polynésienne pleine de sens. 

C’est aux côtés de Vaiteani que nous avons levé l’ancre pour une aventure musicale vers une île du bout du monde.

AYMARA 

Aymara, photo par Charlotte Leuvard

En Argentine, le machisme et le patriarcat sont des sports nationaux. La rue est réservée aux hommes pendant que les femmes sont reléguées aux taches domestiques. 

C’était sans compté sur la nouvelle génération engagée pour combattre les stéréotypes de genre. 

A 27 ans, Aymara est une guerrière des temps modernes. Ses armes, ce sont ses pinceaux. Elle est à la tête d’un collectif de centaines d’artistes féminines qui ont fait des murs des villes argentines, un musée à ciel ouvert. Son combat est simple, légitimer la place des femmes dans le milieu très sexiste du street art argentin et les ériger, au même titre que les hommes, au rang d’artistes reconnues. C’est avec joie et enthousiasme que nous avons suivi Aymara et les femmes de son collectif pendant un festival de street art dans la 3e ville du pays.

VANESSA 

Vanessa, photo par Charlotte Leuvard

En Colombie, la jeune génération rêve d’horizon stable et généreux. La drogue, la violence et la pauvreté sont pourtant encore la réalité d’un grand nombre de territoires où survivre fait parti des priorités. 

Pourtant le pays est devenu depuis quelques années une nouvelle destination touristique. C’est dans ce contexte que la jeune Vanessa, d’origine australienne a posé ses valises en Colombie. Au coeur de la ville côtière de Carthagène des Indes, elle y a créé un café tremplin qui a changé la vie de centaines de personnes. Appuyé par des associations locales, son restaurant végétarien est alimenté par des jardins solidaires. C’est aussi un lieu d’apprentissage pour les jeunes colombiens issus des bidonvilles, embauchés dans ce café, ils sont assurés de ressortir avec un solide bagage pour se construire un avenir. 

Armée d’un sourire joyeux et communicatif, Vanessa nous a embarquées dans sa folle aventure où ses initiatives prennent du sens. 

Bande annonce du documentaire Fragments d’elles

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